• Introduction

La nomination d’administrateurs résidant à l’étranger a suscité des questions parmi les hommes d’affaires et les juristes, en particulier dans les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés anonymes, du fait que, jusqu’à présent, elle était impossible dans les sociétés de type LTDA et S.A., la nomination ne pouvant avoir lieu que par le conseil d’administration. Avec la loi n° 14.195/2021 – la loi sur l’amélioration de l’environnement des entreprises – qui a facilité cette pratique dans les sociétés anonymes, en autorisant l’élection d’administrateurs en dehors du Brésil, la question a pris une nouvelle importance. Toutefois, pour les sociétés à responsabilité limitée, la législation n’a pas fourni de réponse directe, laissant place à l’interprétation. 

Cet article clarifie la question de savoir s’il est possible d’élire des administrateurs étrangers dans les sociétés à responsabilité limitée, en se basant sur les changements législatifs, les directives du Département national de l’enregistrement et de l’intégration des entreprises (DREI) et la pratique contractuelle des sociétés. Nous verrons comment la loi sur les sociétés – loi n° 6.404/1976 – ou la loi sur les sociétés anonymes. – peut être appliquée à titre complémentaire et les avantages de cette flexibilité pour les entreprises ayant des partenaires ou des investisseurs internationaux.

  • Modifications du droit des sociétés

La loi sur l’amélioration de l’environnement des entreprises a apporté d’importants changements pour les sociétés, en particulier à l’article 146 du droit des sociétés. Le principal changement est que la loi permet désormais l’élection d’administrateurs résidant à l’étranger et, à cette fin, crée la nécessité pour cet administrateur non résident de nommer un représentant résidant au Brésil pour recevoir des convocations et des assignations en son nom, aux fins et effets du droit des sociétés, avec des pouvoirs qui s’étendent même après la fin du mandat de l’administrateur non résident.

Bien que la législation ne fasse pas directement référence aux sociétés à responsabilité limitée, la DREI, un organe du ministère de l’économie chargé de réglementer et de superviser l’enregistrement des sociétés au Brésil, en veillant à ce que le processus de formalisation des entreprises suive les règles légales, a précisé, par le biais de l’instruction normative DREI n° 112 du 20/01/2022, que ces sociétés peuvent également nommer des administrateurs résidant à l’étranger, à condition qu’elles respectent la même exigence d’établissement d’un représentant au Brésil. Ainsi, l’application des règles de l’ASL, pour autant qu’elle soit dûment exprimée dans les statuts, facilite la gestion des sociétés ayant des partenaires ou des investisseurs internationaux.

  1. La possibilité d’élire des administrateurs résidant à l’étranger dans les sociétés à responsabilité limitée

Les sociétés à responsabilité limitée n’ont pas de disposition expresse concernant l’élection d’administrateurs résidant à l’étranger, ce qui suscite des doutes chez les entrepreneurs. Toutefois, il est possible d’appliquer les dispositions de la loi sur les sociétés anonymes (LSA) au moyen de clauses complémentaires insérées dans les statuts, conformément à l’article 1.053 du code civil. Grâce à cette clause, les sociétés à responsabilité limitée peuvent adopter les règles de l’article 146 de la LSA, qui permet de nommer des administrateurs résidant à l’étranger, à condition qu’un représentant soit désigné au Brésil pour recevoir les convocations. Cette approche facilite la gestion des sociétés avec des partenaires ou des investisseurs internationaux, sans devoir recourir à des modifications législatives spécifiques pour les sociétés à responsabilité limitée.

  1. Instruction normative Drei/ME 112

L’IN DREI 112/22, émise par le DREI (Département de l’enregistrement et de l’intégration des entreprises), est chargée de réglementer et de superviser l’enregistrement des entreprises au Brésil, y compris les sociétés anonymes (S.A.) et les sociétés à responsabilité limitée (LTDA). Il édicte des règles visant à normaliser les processus de formalisation des entreprises, en veillant à ce que celles-ci respectent les exigences légales et s’adaptent aux modifications de la législation. Ces règles visent à renforcer la sécurité juridique, l’uniformité des procédures et la transparence de l’environnement des entreprises, au bénéfice des entrepreneurs, des investisseurs et des organismes de réglementation. Il réglemente la possibilité de nommer des administrateurs résidant à l’étranger dans les sociétés à responsabilité limitée. 

Dans son article 13, le règlement précise que pour qu’un administrateur résidant hors du Brésil puisse être enregistré, il doit nommer un représentant au Brésil habilité à recevoir des convocations pendant au moins trois ans après la fin de son mandat, ainsi que des convocations dans le cadre de procédures administratives engagées par la Commission des valeurs mobilières et des changes (CVM) dans le cas d’administrateurs de sociétés cotées en bourse.

Cette réglementation facilite le processus de nomination des administrateurs étrangers, garantissant une plus grande sécurité juridique pour les sociétés anonymes, en particulier celles qui ont des partenaires ou des investisseurs internationaux. En outre, l’obligation d’enregistrer la procuration du représentant au Brésil est une formalité qui garantit la légalité et la transparence des relations avec les entreprises.

  1. Impacts et avantages pour les entreprises ayant des partenaires et des investisseurs étrangers

La possibilité de nommer des administrateurs résidant à l’étranger offre des avantages stratégiques aux entreprises ayant des partenaires ou des investisseurs internationaux. Tout d’abord, elle simplifie la gestion de l’entreprise en permettant à des cadres internationaux d’occuper des postes de direction sans avoir à se rendre au Brésil, ce qui facilite l’alignement de la gouvernance sur les pratiques internationales. 

Des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis, le Portugal, la France, Hong Kong et Singapour autorisent également la nomination d’étrangers non-résidents en tant qu’administrateurs, ce qui en fait une pratique courante sur les marchés mondiaux. Cette flexibilité est importante pour le Brésil, car elle peut accroître l’attrait du pays pour les investissements étrangers, contribuant ainsi à sa compétitivité sur la scène internationale. En outre, en réduisant les obstacles juridiques, la mesure rend le processus plus souple et moins bureaucratique, ce qui facilite l’intégration des talents mondiaux et offre une plus grande flexibilité aux entreprises, ce qui renforce leur compétitivité et leur réponse aux demandes du marché mondial.

  1. Conclusion

D’une manière générale, d’un point de vue juridique, la question de la nomination d’administrateurs résidant à l’étranger dans les sociétés à responsabilité limitée a été résolue avec l’entrée en vigueur de la loi 14.195/21, qui a modifié l’article 146 du droit des sociétés, et avec la publication de l’IN 112 de la DREI. Cette règle, basée sur des mises à jour législatives, a modifié l’IN 81 de 2020, apportant un changement substantiel aux règles de résidence des administrateurs à l’étranger.

De cette manière, le règlement DREI a levé tout doute sur la possibilité d’élire des administrateurs étrangers pour les sociétés anonymes, rendant cette possibilité non seulement possible, mais expressément autorisée. En conséquence, la législation et la pratique réglementaire ont apporté plus de clarté et de sécurité juridique, permettant aux entreprises ayant des partenaires et des investisseurs internationaux de bénéficier d’une gestion plus globalisée et plus efficace.