Qui a besoin d’un visa pour visiter le Brésil ?

L’obligation d’obtenir un visa pour entrer au Brésil dépend de la nationalité, du document de voyage et du but du séjour. Certains ressortissants étrangers peuvent visiter le pays sans demander de visa au préalable. D’autres, notamment les titulaires d’un passeport ordinaire des États-Unis, doivent l’obtenir avant leur voyage.

Le Tableau général des régimes de visas (Quadro Geral de Regime de Vistos, ou QGRV), publié par le ministère brésilien des Relations extérieures (MRE), présente ces différences. Cet article se fonde sur l’édition du 26 août 2026 et traite des visites effectuées avec un passeport ordinaire, en particulier à des fins touristiques ou professionnelles. Les colonnes relatives aux passeports diplomatiques et officiels obéissent à des règles propres. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026.

La dispense de visa facilite le voyage, mais elle n’autorise ni un séjour illimité ni ne remplace une autorisation de résidence. Elle ne supprime pas non plus le contrôle à l’entrée : selon la loi brésilienne sur les migrations, même un visa délivré ne crée qu’une possibilité d’admission, sous réserve de la vérification des conditions légales. Loi nº 13.445/2017, articles 5, 6 et 13.

Quelles activités sont permises lors d’un séjour touristique ou d’affaires ?

Le visa de visite, appelé VIVIS, concerne les séjours de courte durée sans intention d’établir sa résidence au Brésil. La loi prévoit notamment le tourisme, les affaires, le transit, les activités artistiques et sportives ainsi que d’autres cas définis par voie réglementaire. La dispense de visa doit être appréciée au regard du but réel du voyage. Loi nº 13.445/2017, articles 5, 6 et 13.

Un voyage touristique peut comprendre des vacances, des visites familiales et la participation à des conférences ou congrès. Pour les entrepreneurs et les cadres dirigeants, le régime des voyages d’affaires couvre les réunions, les salons professionnels, la recherche de débouchés et la signature de contrats, sous réserve des conditions légales. Décret nº 9.199/2017, articles 29 et 38.

Une visite d’affaires ne constitue pas une autorisation générale de travailler au Brésil. L’exercice d’un emploi local ou de fonctions exigeant la résidence suppose d’examiner la catégorie migratoire correspondante. Le seul fait que la rémunération provienne de l’étranger ne suffit pas à trancher cette question.

La réglementation inclut toutefois certaines activités professionnelles dans le régime des visites. Elle autorise les activités d’audit et de conseil, dans la limite spécifique de quatre-vingt-dix jours non prorogeables par année migratoire. Depuis la modification de 2025, elle prévoit aussi l’assistance technique ou le transfert de technologie découlant d’un contrat, d’un accord de coopération ou d’une convention entre une personne morale étrangère et une personne morale brésilienne, sous réserve des exigences légales et de la durée applicable. Décret nº 9.199/2017, articles 29 et 38. Décret nº 12.657/2025.

Ces situations supposent le respect de l’interdiction d’exercer une activité rémunérée au Brésil, sans préjudice des indemnités journalières, des remboursements de frais et des autres versements légalement admis pour le voyage. Loi nº 13.445/2017, articles 5, 6 et 13.

L’analyse doit donc porter sur l’activité effectivement exercée, sa durée, l’identité de la personne qui la commande et ses modalités de rémunération. Il serait inexact d’affirmer que toute visite technique exige un visa de travail ou, inversement, que tout service peut être fourni dans le cadre d’un séjour touristique. Le guide Visas de travail et autorisations de résidence pour travailler au Brésil présente les catégories applicables aux activités professionnelles.

Règles applicables aux dix principaux pays d’origine des visiteurs

Le tableau ci-dessous retient les dix premiers pays du classement des arrivées internationales en 2025 publié par Embratur, l’agence brésilienne de promotion touristique. Le critère de sélection est le nombre de visiteurs et l’ordre suit ce classement. Les statistiques par marché d’origine servent à choisir les pays ; la règle migratoire dépend de la nationalité et du document présenté par chaque voyageur. Embratur — Tendances du tourisme 2026, p. 65.

Règles de visite applicables aux titulaires d’un passeport ordinaire des nationalités indiquées :

Nationalité Visa de visite Durée et observations
Argentine Dispensé Jusqu’à 90 jours. Entrée également admise avec une carte d’identité civile valable pour le voyage.
Chili Dispensé Jusqu’à 90 jours. Entrée également admise avec une carte d’identité civile valable pour le voyage.
États-Unis Exigé ; procédure électronique disponible Séjour de 90 jours au maximum, sous réserve des conditions du visa et de l’admission.
Paraguay Dispensé Jusqu’à 90 jours. Entrée également admise avec une carte d’identité civile valable pour le voyage.
Uruguay Dispensé Jusqu’à 90 jours. Entrée également admise avec une carte d’identité civile valable pour le voyage.
France Dispensé 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours.
Portugal Dispensé Jusqu’à 90 jours. Une éventuelle prolongation dépend des conditions applicables et de la Police fédérale (PF).
Allemagne Dispensé 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours.
Colombie Dispensé Jusqu’à 90 jours. Entrée également admise avec une carte d’identité civile valable pour le voyage.
Italie Dispensé 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours.

Source des règles : QGRV du 26 août 2026, colonne VIVIS ; pour la procédure électronique concernant les États-Unis, voir les instructions consulaires spécifiques. Les durées indiquées sont des maxima et doivent être confrontées à l’admission effectivement accordée et aux voyages antérieurs. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026. MRE — Visa de visite électronique.

Dans le QGRV, le code 4 correspond à une dispense de visa pour 90 jours au maximum ; l’astérisque ajoute la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours ; et le signe # indique que l’entrée est admise avec une carte d’identité civile. Il faut tenir compte de ces symboles pour comparer les règles applicables aux différents pays. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026.

France, Allemagne et Italie : 90 jours sur toute période de 180 jours

Pour ces trois nationalités, la dispense ne signifie pas que chaque entrée ouvre une nouvelle période complète de 90 jours. Le QGRV fixe un séjour maximal de 90 jours sur toute période de 180 jours. Les informations consulaires indiquent également que ce régime ne peut pas être prolongé. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026. MRE — Durées de séjour des visiteurs selon la nationalité.

Une personne française qui séjourne d’abord 60 jours, puis 30 jours supplémentaires au cours de la même période de 180 jours a atteint la limite. Un bref déplacement dans un pays voisin ne lui permet pas de revenir immédiatement pour 90 nouveaux jours.

Les informations actuellement fournies par les autorités françaises confirment l’absence de renouvellement dans ce régime. Une personne qui souhaite rester six mois consécutifs ne doit donc pas organiser son voyage en comptant sur une simple prolongation de son séjour touristique auprès de la Police fédérale. Elle doit examiner au préalable si une autre situation migratoire correspond à son projet. France Diplomatie — Entrée et séjour au Brésil.

Le Portugal n’est pas automatiquement soumis à la même règle du seul fait de son appartenance à l’Union européenne. Dans l’édition consultée, il figure sous le code 4, sans astérisque. Il faut appliquer le régime correspondant à la nationalité concernée, y compris lorsqu’une éventuelle prolongation est envisagée. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026.

États-Unis : quand demander le visa électronique e-Visa ?

Les titulaires d’un passeport ordinaire des États-Unis ont besoin d’un visa pour visiter le Brésil. Pour les courts séjours touristiques ou d’affaires, le MRE propose une procédure électronique, appelée e-Visa, sur la plateforme indiquée par les pages consulaires officielles. MRE — Visa de visite électronique.

La demande doit être préparée avant le voyage, avec le passeport, le formulaire, une photographie et les autres pièces exigées selon le but déclaré du séjour. Dans le cas d’un déplacement professionnel, une lettre de l’entreprise décrivant l’activité peut être nécessaire. Le récépissé de dépôt d’une demande ne vaut pas visa délivré.

Toute personne qui possède déjà un visa brésilien en cours de validité doit vérifier si elle peut l’utiliser et sous quelles conditions avant de déposer une nouvelle demande. La validité du visa et la durée du séjour sont deux notions distinctes : un visa valable plusieurs années n’autorise pas à demeurer au Brésil pendant toute cette période. PF — Validité du visa d’entrée au Brésil.

Peut-on prolonger un séjour de visite ?

La règle générale du décret nº 9.199/2017 prévoit un séjour de 90 jours au maximum, que la Police fédérale peut prolonger de 90 jours supplémentaires au maximum, sans dépasser 180 jours par année migratoire. La prolongation dépend de la nationalité, de la réciprocité de traitement et de l’activité exercée ; elle n’est ni automatique ni ouverte dans les mêmes conditions à tous les visiteurs. Décret nº 9.199/2017, articles 15 à 23.

La demande doit être déposée avant la fin du séjour autorisé, accompagnée du document de voyage, du formulaire, du paiement des frais et des justificatifs requis. La Police fédérale peut demander des renseignements sur l’hébergement, les moyens de subsistance et la sortie du territoire. Le service officiel recommande de consulter le QGRV pour vérifier si la nationalité concernée permet une prolongation. PF — Prolonger un séjour touristique.

Certains régimes ont leur propre méthode de calcul, comme celui de 90 jours sur toute période de 180 jours ; certaines activités sont également soumises à une durée non prorogeable. Ni une nouvelle entrée ni le passage à une nouvelle année civile ne doivent être considérés comme remettant automatiquement le compteur à zéro. Les dates et les périodes de séjour déjà utilisées doivent être prises en compte.

Quels documents peuvent être demandés à l’entrée ?

Même lorsqu’il bénéficie d’une dispense de visa, le visiteur doit voyager avec des documents conformes à sa nationalité et au motif de son voyage. Les autorités chargées du contrôle peuvent demander une preuve de sortie du Brésil, des ressources pour la durée du séjour et des documents relatifs aux activités prévues. Décret nº 9.199/2017, articles 164 à 171.

Avant le voyage, il convient de préparer :

  • Un passeport en cours de validité ou une carte d’identité admise par l’accord applicable, ainsi que le visa lorsqu’il est exigé.
  • Un billet de retour ou de continuation du voyage, selon l’itinéraire prévu.
  • Des renseignements sur l’hébergement et des moyens de subsistance adaptés à la durée de la visite.
  • Des justificatifs du but du séjour, tels qu’une inscription à un événement, un programme de réunions ou une lettre de l’entreprise.
  • L’historique des séjours antérieurs, afin de vérifier la durée encore disponible et la nécessité d’autres démarches.

Les documents doivent correspondre aux activités réellement exercées au Brésil. Une lettre intitulée « voyage d’affaires » ne transforme pas, à elle seule, un emploi en activité de visite. Si le projet implique de vivre dans le pays ou d’exercer une activité en dehors des cas permis, la catégorie migratoire doit être réexaminée avant le voyage.

Questions fréquentes

Une personne qui réside en France, mais possède une autre nationalité, bénéficie-t-elle du régime français ?

Pas du seul fait de résider en France. Le régime dépend de la nationalité et du document de voyage utilisé. Un titre de séjour étranger n’équivaut pas à un passeport de la nationalité concernée et ne confère pas automatiquement la dispense de visa attachée à celle-ci. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026.

Peut-on entrer avec une carte d’identité au lieu d’un passeport ?

Pour les nationalités marquées du signe # dans le QGRV, notamment l’Argentine, le Chili, le Paraguay, l’Uruguay et la Colombie, l’entrée avec une carte d’identité civile est admise conformément aux accords applicables. Le document doit être valable pour le voyage. Cette possibilité ne s’étend pas à toutes les cartes professionnelles ni aux permis de conduire. MRE — Tableau général des régimes de visas, 26/08/2026. Loi nº 13.445/2017, articles 5, 6 et 13.

Une correspondance au Brésil exige-t-elle un visa ?

La loi brésilienne sur les migrations dispense de visa de visite le voyageur en escale ou en correspondance qui ne quitte pas la zone de transit international. S’il doit passer le contrôle migratoire, notamment pour emprunter un vol intérieur, les conditions d’entrée applicables à sa nationalité doivent être vérifiées. Loi nº 13.445/2017, articles 5, 6 et 13.

Posséder un CPF ou acheter un bien immobilier dispense-t-il de visa ?

Non. Le CPF, numéro d’inscription au registre brésilien des contribuables particuliers, et la propriété immobilière ne remplacent ni le visa, ni la dispense liée à la nationalité, ni l’autorisation de résidence. Un investissement peut constituer le fondement d’une demande dans une catégorie spécifique, mais l’achat à lui seul n’accorde aucun statut migratoire. Décret nº 9.199/2017, article 123 et suivants.

Entrer comme visiteur empêche-t-il de demander ensuite la résidence ?

Pas nécessairement. La loi permet de présenter une demande d’autorisation de résidence au Brésil dans certains cas, sous réserve de remplir les conditions requises et de suivre la procédure prévue. L’entrée comme visiteur ne se transforme pas automatiquement en résidence du seul fait de l’écoulement du temps, d’un mariage ou de la création d’une entreprise. Décret nº 9.199/2017, article 123 et suivants.

Le guide Résidence au Brésil au titre du Mercosur et d’accords internationaux présente certaines de ces voies. Les personnes qui souhaitent rester au Brésil tout en travaillant à distance pour l’étranger devraient également consulter le guide Visa de nomade numérique au Brésil.

La durée d’un séjour de visite détermine-t-elle la résidence fiscale ?

Non. La durée de séjour autorisée au regard du droit migratoire et la résidence fiscale obéissent à des critères distincts. L’existence d’un visa, une dispense de visa ou une autorisation de prolongation ne dispense pas d’analyser la situation fiscale à la lumière des circonstances du séjour. Le guide Résidence fiscale des étrangers au Brésil : début et conséquences traite cette question. Administration fiscale fédérale du Brésil — Résidents et non-résidents.

Comment la SCCM peut-elle vous aider ?

La SCCM conseille les ressortissants étrangers et les entreprises sur la catégorie migratoire adaptée à leurs voyages au Brésil, en tenant compte de la nationalité, du but et de la durée du séjour, de l’historique des entrées et de l’activité envisagée.

Cette analyse permet de préparer les documents nécessaires à la visite, de vérifier les possibilités de prolongation et de déterminer si le projet exige un visa ou une autorisation de résidence dans une catégorie spécifique, notamment pour le travail, l’investissement ou le regroupement familial.

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